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    May 15

    Le choripan

     
    Choripan, mais kesaco ?
    Le choripan, c’est le repas sur le pouce argentin par excellence. Notre baguette-jambon-beurre français si vous préférez, mais en meilleur. Littéralement, choripan, ça veut dire « saucipain ».
    Recette donc du choripan basique : vous prenez un bon morceau de pain de vous ouvrez et faites légèrement griller sur un barbecue, en même temps, vous mettez à cuire un bout de saucisse. Quand le pain est croustillant et la saucisse à point, vous retirez tout du feu, vous tartinez généreusement le pain de mayonnaise ou de moutarde, et vous y posez le morceau de saucisse coupé en deux dans le sens de la longueur. Tout ça pour la modique somme de deux ou trois pesos (entre 50 centimes et un euro).
     
    En effet, le choripan, c’est le repas populaire, le choripan, on l’achète dans la rue ! A midi ou quand vient le soir, s’installent des « puestos » de choripan un peu partout. Ça peut être un camion high-tech avec pubs peintes sur la tôle. Dans ce cas-là, le choripan est un peu plus élaboré : on vous fait choisir entre une quinzaine de bocaux ce que vous voulez glisser entre la saucisse et le pain. Du poivron, des carottes râpées, des oignons, de la sauce provençale ou piquante, de la betterave, ya de tout, on vous dit.
    Mais le plus souvent, beaucoup simplement le puesto de Choripan se constitue d’un petite carriole plus ou moins bringuebalante et d’un barbecue, les saucisses étant stockées dans une glacière en polystyrène supposément isotherme.
     
    Les puestos de choripan, mobiles si vous avez bien suivi, ne s'installent pas n'importe où. Ils ont même leurs lieux de prédilection. Les parcs et autres places, bref à proximité d'un banc ou de trois brins d'herbes, pour pouvoir déguster son mets comme il se doit. Mais aussi, au milieu des avenues ! A Resistencia, elles sont très larges et les deux voies sont séparées par un terre-plein sur lequel on installe, à la nuit tombée, chaises, tables et barbecues pour un repas-choripan des plus conviviaux.
    Le choripan est aussi la nourriture de base du fêtard invétéré qui sort de boîte à l'aube, tout transpirant encore. Ce dernier se rassasie et cherche à faire baisser son taux d'alcoolémie en se jetant sur un des puestos qui ont poussé comme des champignons près des boliches.
     
    Inutile de vous préciser que la consommation du choripan est un défi : elle a l'air toute innocente cette petite chose tiède enroulée dans trois sopalins dégageant une odeur alléchante. Mais c'est un défi quand on tient à préserver l'image glamour et élégante de son pays ; le plus souvent, on n'y parvient pas et on se retrouve barbouillée de mayonnaise en train de rattraper comme on peut le bout de saucisse qui tente de se faire la malle.
    Malgré tout, le choripan a un fonction créatrice lien social certaine, proportionnelle il est vrai à la tardiveté de l'heure et à l'état d'ébriété des acteurs en présence. Il est donc possible de terminer sa nuit en se faisant inviter par deux inconnus à partager un choripan sur le bord d'un pont.
     
    Maintenant, une petite question.
    Considérant :
    1) l'air effaré que prennent la plupart des argentins quand ils apprennent qu'en France, on ne connaît pas le choripan,
    2) que dans quelques semaines, je serai de retour dans mon beau pays, qu'il faudra que je me lève tôt pour travailler plus et gagner plus,
    3) que je me creuse la tête pour trouver une idée audacieuse pour créer ma petite entreprise sans argent au départ et sans diplôme prestigieux,
    pensez-vous qu'en installant une carriole à saucipain place Wilson, quai de la daurade ou au dans la cour de l'Arsenal, je serai riche avant 40 ans ????
     
    October 28

    Comida argentina

     
     
    J'ai eu Marion au téléphone l'autre jour, ça faisait trois mois qu'on s'était pas parlé. Notre conversation a tourné potins bien sûr, mais aussi, Marion s'est inquiétée de savoir ce que je mangeais, quelles étaient les habitudes alimentaires ici. Et puis, je me suis dit que ça pourrait aussi en intéresser quelques autres de savoir ce qu'on mange à l'autre bout du bout du monde...
     
    En fait, ce qu'il ne faut pas oublier que je vis avec deux allemandes, alors pour connaître réellement les habitudes alimentaires argentines, c'est un peu compromis. Mais ça a des avantages !! Parce que Hannah et Barbara sont deux excellentes cuisinières qui ont toujours de bonnes idées cuisine. Et que j'ai pu tester quelques spécialités allemandes : le goulasch con spatzles, ça a l'air un peu barbare comme ça, mais c'est délicieux. C'est une viande en sauce avec des pâtes (les saptzles, des sortes de spaghettis faits maisons avec une espèce de machine que Barbara a amenée d'Allemagne).
     
    Mais quand même, impossible de passer à côtés de certains mets typiquement argentins. Déjà, il faut que je vous prévienne : la bouffe argentine est assez comparable à l'aveyronnaise, on ne fait pas dans le léger !
    Le meilleur exemple, c'est sans doute le sacro-saint dulce de leche. Il y en a quelques uns d'entre vous qui ont goûté la confiture de lait de ma maman, et ben, le dulce de leche, c'est un peu la même chose, en plus épais et plus marron. Apparemment, on peut le faire soit même en faisant cuire du lait concentré sucré, mais on en trouve des rayons entiers dans les supermarchés : des petits pots, des grands pots, des « estilo moderno », des « estilo colonial », j'ai même vu au marché du dulce de leche de chèvre !! Et puis, le dulce de leche se décline : yahourt au dulce de leche, glaces au dulce de leche (nous avons même une « glace au dulce de leche diet », dans la série oxymore, ça égale largement « l'obscure clarté »).
    Mais l'objectif principal du dulce de leche, c'est de rendre encore plus lourd ce qui l'est déjà. Par exemple, un gâteau au chocolat : rien de meilleur diront quelques uns (et j'en fais partie), mais aussi rien de plus étouffe-chrétien. Et bien, les argentins, ils le coupent et ils le fourrent au dulce de leche. Sur le marché, ils font le concours de celui qui en met le plus : on trouve donc des petites pancartes « incroyable !!! gâteau au chocolat avec 5 couches de dulce de leche !!! ».
    Une des pâtisseries les plus typiques, c'est l'alfajor, c'est-à-dire deux couches de biscuit avec au milieu du dulce de leche le plus souvent. Pour ceux que je vois à Noël, vous aurez droit à une dégustation !
    On trouve aussi ici des viennoiseries délicieuses, ça s'appelle des « facturas », la « medialuna » par exemple égale largement notre croissant, et tout ça a une version « dulce de leche », c'est à dire qu'il y a une fente au milieu de la medialuna, copieusement remplie de dulce de leche. Et c'est rien de dire que généralement, ils n'y vont pas de main morte.
     
    Maintenant, passons au salé. L'Argentine, vous le savez sans doute, c'est le pays de la viande. Ce qui explique que mon passé de végétarienne est bel et bien révolu. Car ici, la viande n'est pas un produit de luxe, c'est plutôt pas cher comparé au reste de la nourriture. Alors, le repas de festif de base, c'est « l'asado », c'est à dire un barbecue en plus grand. Dans toutes les maisons ou presque, dans le patio ou le jardin, on trouve un « asador ». Après, la viande se coupe en petits bouts et se mange sur du pain avec une sauce (mayo, piquante etc...).
    L'asado, c'est donc la version populaire, mais on a aussi la version resto. Ça s'appelle une « parilla » (prononcez « paricha »). Donc, une parilla, c'est un repas énormissime composé de bouts de viande en tous genre : boudin, saucisse, filet, accompagnés de salade et de frites à volonté, généralement pour un prix modique (moins de 5 euros). On a donc du mal à lever le petit doigt après avoir mangé une parilla, mais je crois que c'est le propre de la bouffe argentine d'être tout le contraire de « diet ».
     
    Même si vous mangez sur le pouce, vous êtes « lleno » (repu) pour la journée. Parce que le sandwich argentin est impressionnant. Il se compose généralement d'un large bout de pain, d'une feuille de salade et de deux bouts de tomate, de viande, le tout copieusement arrosé d'une sauce au choix (mayo, ketchup ou moutarde). Si le sandwich est « completo », on rajoute une omelette. Tant qu'à faire.
    Après, toute la subtilité est dans la nature de la viande : la sandwich s'appelle « lomito » quand c'est une tranche de filet (la viande est tellement tendre qu'on peut la manger sans couteau sans problème) ; c'est une « milanesa » quand le même bout de viande est pané ; enfin, nous avons le « choripan » à base de saucisse.
    Mais quand même, le repas « sur le pouce » typiquement argentin, c'est sans conteste l'empanada. Délicieux. C'est une sorte de rissole fourrée, le plus souvent à la viande (criolla) ou au poulet, mais on en trouve aussi aux épinards, au fromage, au jambon etc...
     
    Donc Marion, comme tu peux le voir, je ne meurs pas de faim. Evidemment, je regrette les gâteaux de la boulangerie d'en face de la fac Champollion ainsi que le fromage de mon papa et de ma maman, mais normalement, cette année, je ne devrais pas trop maigrir ! Pour finir de vous en convaincre, vous pouvez aller jeter un coup d'oeil à l'album photo "comida argentina"
    October 12

    Le maté

     
    Puisqu'on est dans la rubrique «Spécificités locales», je crois qu'il y a une chose dont je ne peux pas ne pas vous parler : c'est le maté. Le maté, mais qu'est-ce donc que cette chose étrange ? Les paris sont lancés. Alors, non, ce n'est pas une danse folklorique ni un costume typique, le maté, c'est LA boisson argentine. Mais bien plus qu'une boisson, le maté, c'est une forme bien particulière de relation sociale. Parce que prendre un maté, c'est un rituel aux codes bien précis.
     
     D'abord, vous expliquer l'équipement nécessaire : il faut un maté, c'est à dire une petite tasse sans anse ronde qui peut être de bois ou de métal, plus ou moins décorée selon les goûts du propriétaire. Dans cette petite tasse, il y a comme une paille de métal généralement avec un espèce de filtre au bout. Et puis, il faut de la «yerba», c'est à dire la plante du maté séchée et hachée en petits bouts, et de l'eau chaude. Le sucre est en option (les argentins vous diront souvent «seulement pour les étrangers»).
    Donc : étape n°1 : on met la yerba dans le maté (la petite tasse), et on verse dessus l'eau chaude jusqu'à ras bord.
    Étape n° 2 : on aspire avec la paille (si vous avez suivi ce que j'ai dit, au bout de la paille y a un filtre qui empêche d'avaler toute la yerba) Etape n°3 (facultative) : on grimace parce que le breuvage en question est amer ou très chaud, et la plupart du temps les deux à la fois. Etape n°4 : une fois la totalité de l'eau aspirée, on en reverse une dose, et on fait passer au voisin qui répète l'opération.
    C'est ainsi que le maté passe de main en main, fait le tour de la table, de la classe, du cercle d'amis assis dans l'herbe, de la bibliothèque, de la réunion du syndicat d'extrême gauche.Ils en boivent partout, en cours donc, le maté fait le tour de la classe en passant par le prof. (Une petite nuance quand même : la plupart des profs de droit n'acceptent pas que leurs étudiants prennent du maté !). On peut donc en arriver à la conclusion que le maté, ça se prend tellement partout que ça en devient véritablement un fait social comme dirait l'autre.
    Y a tout un tas de choses qui sont organisées pour que les gens puissent boire du maté partout et toujours. D'abord, chacun est équipé de son thermo pour conserver l'eau chaude. Et puis, dans les bars, on peut acheter de l'eau chaude, à défaut, il y a souvent un fontaine d'eau minérale qui est équipée d'un petit robinet rouge pour délivrer le précieux liquide. Dans les supermarchés, il y a des rayons entiers de yerba aux spécificités diverses et variées (plus ou moins amères, parfumées, des «diet» qui sont censées faire maigrir...).
     
     Et fondamentalement, les argentins ne comprennent pas comment on peut se passer de maté. «Mais vous en avez pas en Europe ????». Et Armando m'a raconté hier soir que quand il avait été aux Etats-Unis, il s'était fait sortir du centre commercial parce qu'il prenait son maté, ils avaient cru que c'était de la drogue. Et donc, c'est logique, ils ne comprennent pas non plus qu'on ne connaisse pas sur le bout des doigts les règles relatives à la prise de maté. Ce qui peut valoir encore quelques uns de ces grands moments de solitude de l'étranger... A la dernière réunion du MUI (le syndicat communiste) à laquelle j'ai été, on m'a proposé comme d'hab' du maté. J'adore pas particulièrement ça, mais bon, faut bien tenter de s'habituer aux coutumes locales. Erreur fatale quand on ne maîtrise pas les codes sociaux. C'est-à-dire que ce que je n'avais pas intégré, moi, c'est qu'il fallait boire absolument toute l'eau avant de remettre le maté au détenteur du thermo d'eau chaude. Non, moi, je suis communiste jusqu'au bout, alors je prends deux petites gorgées et je fais passer à Anna qui est à côté de moi. Et là, Carla, qui nous a fait passer le maté est morte de rire : «oh, regardez, elles partagent le maté !!!». Une quinzaine de paires d'yeux se tournent vers moi, Carla me regarde d'un air attendri. Et puis si vous me connaissez un peu, vous pouvez aisément deviner ce qui m'est arrivé : j'ai viré de la même couleur que la plupart des t-shirts de mes petits camarades de table.
     
    Ci dessous : un maté communiste
    Barabara et son maté
    les rayons de maté au disco du coin de la rue
    September 14

    La bandera argentina

     
    Vous l’avez vu, j’ai commencé une petite collection de photos de drapeaux argentins. C’est une chose qui m’a particulièrement marquée depuis que je suis arrivée. En France, (je parle hors période de coupe du monde) on n’est pas trop des acharnés du bleu blanc rouge, les drapeaux, il y en a seulement sur les façades des mairies et autres bâtiments officiels mais ça ne va pas plus loin. Je dirai même que ça a limite une connotation négative le drapeau, ça peut très vite virer nationaliste voire limite un peu fascisant (petit exemple simple : dans les meetings de Laguillier, les murs sont tapissés de rouge, dans ceux de Le Pen, c’est plutôt le tricolore qui prédomine).
     
    Ici, c’est totalement différent, c’est du nationalisme, certes, mais ça a pas l’air de choquer, au contraire, des drapeaux, ils en mettent partout, même quand c’est pas du meilleur effet. Donc, il y en a aux fenêtres, aux balcons, sur les T-shirts, en tissu, en plastique, brodés, voire même tricoté (j’ai vu ça une fois..). Et quand c’est pas le drapeau entier, on retrouve au moins le bleu clair et le blanc… Mais c’est pas le pire, y a quand même des fous furieux du drapeau !!! Dans ma classe de quatrième année de sciences politique où je prend la plupart de mes cours, il y en a un… qui a le drapeau argentin tatoué sur le bras ! Rien que ça ! Et pas un petit truc discret, non, le drapeau d’environ 8cm sur 10 !
    Et puis, ce qu’il faut que je vous raconte, c’est le ballet que nous avons été voir au théâtre libertador. Je n’avais jamais été à un ballet dans un vrai théâtre en France, l’expérience est interessante. Nous avons pu observer toute la bonne société argentine perchée sur des talons et enveloppée dans des manteaux en fourrure. Encore que nous avions pris les places les moins chères, dans le poulailler (enfin, ici, ils sont plus poétiques, ou plus commerçants, ils appellent ça « le paradis »). Le ballet s’intitulait « argentino ». Le chorégraphe, Maximiliano Guerra expliquait dans la plaquette qu’ils nous ont donnée au début qu’il avait voulu exprimer dans ce ballet tout l’orgueil que faisait naître en lui l’idée de « ser argentino », oui, rien que ça. Finalement, il était pas mal ce ballet : un peu de classique, du contemporain bizarre : des femmes enceintes qui dansaient sur du massive attack (en faisant de interprétations perchées, on peut y voir une référence au mères de la place de mai)… Enfin, pas mal jusqu’au final… Parce que là, tout s’est gâté… Douze minute d’une musique qui aurait pu passer sur NRJ, avec un espèce de boum boum en fond et un chanteur qui parle de maté et de dulce de leche. Mais le pire, c’était le refrain qui faisait « Argentinaaaaa !!! Argentinaaaaa !!! », le genre de chose que tu ne peux plus t’enlever de la tête de toute la semaine qui suit. La chorégraphie était pas mal, mais tout ça s’est terminé par un sursaut grandiloquent de fierté nationale, je vous trace le tableau : les danseuses en soutif bleu et blanc, le Maximiliano qui joue la star internationale moulé lui aussi dans son t-shirt aux couleurs de l’argentine, le chanteur qui braille de plus en plus fort « ARGENTINAAAAA !!!! ARGENTINAAAAAA !!!! », et pour couronner le tout, des drapeaux argentins immenses qui se déroulent tout autour de la scène… J’étais navrée de voir un truc aussi pompeux, j’essayais de m’imaginer le scandale que pourrait provoquer un ballet à l’opéra de Paris, avec une chanson qui dirait « j’aime la Fraaaannnce !!! j’aime la Fraaaannnce !!! » et une salle tapissée de bleu blanc rouge. Mais apparemment, j’étais bien la seule à voir ça comme ça (enfin, non, deux avec Hélène), vu que le final en question a provoqué une scène d’effusion collective, tout le théâtre debout, le Maximiliano applaudi pendant 20 minutes. Les dames du premier rang s’en seraient presque cassé les faux ongles dis donc !
     
    Ci dessous : LE final du ballet "argentino"
    September 11

    Le castechano

     
    La première chose qui m'a frappée quand je suis arrivée en Argentine, c'est que les gens, ben ils parlaient pas la même langue que moi. Et je peux vous dire que c'est un sacré coup dur pour une française de se rendre compte que le monde ne se résume pas à la france ! Alors je me suis mise à me demander ce que pouvait bien être cet étrange idiome.
    Parce que moi, j'ai beau être française, à l'école, on a quand même tenter de m'inculquer des notions des dialectes qu'on parlait de l'autre côté des mers et des frontières. Alors en quatrième, je me suis mise à étudier l'espagnol. La problème, c'est qu'ici, ils ne parlent pas espagnol. Non non, un argentin ne vous dira jamais que sa langue, c'est l'espagnol, je ne sais pas si c'est par orgueil national ou quoi, mais il vous dira « je parle castillan ». Donc, à la fac, j'ai 4 heures de « lengua castillana » par semaine. Alors, le castillan, c'est quoi ? Oui, vous me direz, je fais ma fine bouche, c'est de l'espagnol, mais avec quelques différences notables quand même.
     
    Déjà, l'accent argentin, c'est quelque chose : les « ll » et les « y » ne se prononcent pas « y » mais un espèce de son étrange situé entre le « ch », le « j » et le « z ». Donc petit cours de castillan : on ne dit pas « Yo me llamo », mais « cho me chamo ». Repeat after me : « Cho me chamo...».
    Ensuite, y a des formes verbales un peu spéciales : le « tu » n'existe pas ici, il disent « vos », c'est très bizarre, j'ai l'impression qu'on arrête pas de vouloir me vouvoyer. Et la conjuguaison est différente en plus : on dit « vos sos » et pas « tu eres », « vos tenes » et pas « tu tienes ». Et puis, le « vosotros » n'existe pas non plus, dès qu'il y a plus d'une personne, on dit « ustedes ». Autant cette dernière règle m'arrange (une forme verbale de moins à savoir, une ! Y en a bien suffisamment assez comme ça.), autant, je n'arrive pas à utiliser le « vos ». Je fais encore plus étrnagère qui débarque comme ça. Encore que je n'ai pas à me plaindre, il y en a à qui ça pose des cas de conscience autrement plus graves. C'est le cas de Gonçal, le copain barcelonais de Hannah, ma coloc : doit-il garder son espagnolb ou adopter le castellano ? Pour le moment, il a opté pour la première solution, et il en est nettement plus compréhensible. Encore que ça dépend, parce que maintenant, le « vosotros » me perturbe profondément, j'ai besoin d'un temps de réflexion encore plus long pour arriver à comprendre à qui il s'adresse.
     
    Et puis, pour finir ce cours de castechano de manière ludique et interactive, une petite question digne du quizz du mardi soir du Mulligan's : « Why is Ernesto Guevara often called the « Che » ? », « Pourquoi est ce que le petit surnom d'Ernesto Guevara, c'est le « Che » ? » Bon, allez, j'attends vos suggestions. La réponse au prochain épisode !