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Pauline

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Pauline en Argentine

July 11

Tout fout le camp...


- notre resto d'habitués "pollo a las brasas" de la rue Parana a fermé, on a reconvert son entrée de panneaux publicitaires.
- le prix du cône de glace simple ou double chez Casseratto a augmenté de 50 centimes de peso.
- l'immeuble-castillo tout près de la Casa blanca est terminé, il est encore plus horrible que ce qui était prévu (le dessin sur le panneau de l'architecte), au sommet de la plus haute tour, ils ont mis une girouette en forme d'ange.
July 10

Dignidad humana y exclusion social en la ciudad de Resistencia

 
Aujourd’hui, je vais vous parler de l’exclusion sociale dans la ville de Resistencia, oui, je sais, rien que ça, c’est ambitieux comme sujet d’article. Bon que je vous explique un peu. Si vous vous souvenez bien, je m’ennuyais un peu beaucoup dans mon stage les premières semaines, après de longues journées de lamentation, j’avais obtenu du boulot !!! Un travail sur « la dignité humaine dans la ville de Resistencia » que j’aurais à présenter durant la journée de conférences organisée par l’association où je bossais. Un sujet suffisamment vaste pour que je puisse faire à peu près ce que veux, ça m’allait très bien.
J’ai choisi de bosser sur l’exclusion sociale, mais pourquoi vous demandez-vous tous en chœur…
 
Ben parce que l’argentine, c’est bizarre. L’argentine, c’est plein de descendants d’immigrés européens, un peu mélangés avec les quelques survivants indiens, et l’argentine ça veut ressembler à l’Europe. Et en effet, à première vue, ça ressemble à l’Europe, surtout quand on est une étudiante étrangère fraîchement débarquée et qu’on vit dans une jolie maison du centre ville : on va à la fac, au ciné, on sort, on va faire ses courses au patio olmos et on voit pas trop pourquoi on a fait 12 000 kilomètres pour se retrouver dans une ville tout compte fait assez occidentale. Et puis, un jour, on se prend à jeter un coup d’œil par-dessus un mur recouvert de panneaux de pubs et là, quelle surprise, dans un des quartiers les plus chics de Cordoba, un bidonville, plein de petites maisons faites de tôles et de bouts de carton.
En argentine, 23% de la population vit en dessous de la ligne de pauvreté, 8% dans l’indigence (c'est-à-dire ne pas avoir les ressources suffisantes pour se procurer de quoi manger), mais tous ces gens-là paraissent ne pas exister. On les connaît pas, on les voit pas, on en parle, enfin si, à longueur d’informations télévisées à propos de l’insécurité grandissante dans les villes argentines.
Bref , l’argentine, c’est un joli vernis occidental qui se craquèle par endroits : les serveurs dans les bars essaient bien de mettre dehors les mômes de cinq ans qui mendient et vendent encens et autres babioles, mais ils sont bien là. Deux argentine qui cohabitent mais s’ignorent totalement.
 
A Resistencia, la réalité est plus cruelle encore : 42% de pauvreté, 21% d’indigence, des villas-miseria immenses entourent la ville. Mais idem, la même brèche immense entre une classe moyenne qui a parfois elle aussi du mal à joindre les deux bouts et un secteur très pauvre qui est totalement en dehors du système. Les points de contact entre ces deux mondes, il y en a peu : généralement, c’est l’employée domestique qui travaille dans un famille aisée, ou bien la bonne volonté de certaines personnes qui sont volontaires dans un association et vont donner un coup de main dans les quartiers les plus pauvres.
 
Donc mon idée, c’était ça : connaître et comprendre le pourquoi du comment de ce fossé entre deux argentines. Et me voilà partie avec mon petit dictaphone et quelques souvenirs de méthodologie de la recherche en sociologie. Mon boulot a été de me balader et d’aller parler avec les gens, on a vu pire comme torture, surtout que les personnes en question ont été pour le moins très ouvertes et disposées à m’aider. J’ai donc traîné à caritas, avec les piqueteros-marxistes-kirchneristes de Barrios de pie, dans le quartier de Villa facundo avec l’association Manos abiertas. Bilan : de nombreux matés partagés, quelques très jolies rencontres et, à grands coups de données pêchées sur internet, de concepts bourdieusiens et du méchant-néolibéralisme-qui-enrichit-les-riches-et-appauvrit-les-pauvres, un dossier sur le sujet.
 
Les conclusions de mon travail : l'exclusion sociale, en argentine du moins, c'est un cercle vicieux, et un des éléments principaux de ce cercle, c'est la perte du travail et plus précisément du travail légal, déclaré.
L'argentine, ça fonctionne énormément de manière informelle : en liquide, au noir ; l'Etat y compris paie une partie de ses fonctionnaires au noir, les plans sociaux sont versés en liquide (c'est-à-dire des heures de queue à la banque pour aller retirer ses 150 pesos du plan jefe de hogar, l'équivalent du RMI). Travailler au noir, ça veut dire bien sûr pas de retraite, mais ça veut dire aussi un accès aux services de santé très médiocre. En Argentine en effet, c'est l'employeur qui fournit une « obra social », l'assurance maladie en quelque sorte. Ceux qui n'en n'ont pas vont à l'hôpital public, où la qualité des équipements et des soins est bien moindre.
Pas de travail déclaré, ça veut dire aussi pas de sécurité, peu de prévisibilité. Beaucoup d'habitants de ces quartiers pauvres vivent de « changas », c'est-à-dire de travaux ponctuels, de services proposés, du genre tondre la pelouse, laver les carreaux, du linge ou bien « cartonear », faire les poubelles pour ramasser du carton et le revendre. Degré zéro de prévisibilité, la vie au jour le jour.
L'école qui ne remplit pas son rôle avec un brèche entre « l'école du quartier » et « l'école du centre », et un fossé entre cette classe exclue et la classe moyenne, fossé social mais aussi spatial. Dans le centre vivent les familles de classe moyenne plus ou moins aisées, et aux alentours se constituèrent des quartiers informels qui petit à petit s'organisent. Les habitants obtiennent le titre de propriété, arrivent à se construire une maison en dur, la municipalité trace les rues. Mais les inégalités d'infrastructures sont énormes : dans ces quartiers, ces chemins de terre impraticables à la moindre pluie, pas de bus, pas de système d'égoûts. Et pas de mixité sociale, ce qui ne fait pas franchement avancer le schmilblick....
 
En bref, des habitus, des vies, des perspectives totalement différentes, des mondes différents et parfois seulement séparés par une avenue. Et un question : como cajaro hizo un pais tan rico para destruirse en tan poco tiempo ?
 
 
July 09

 
Cordoba, 12h03.
Il neige.
 
PS: article en préparation.
July 04

Chaco, c'est fini...


ça y est mon stage à Resistencia s'est terminé !! à la demande générale (d'Anna), je vous ai mis des photos de ces quatre mois dans le Chaco, album qui, dixit jérémie, "ressemble au calendrier de l'Unicef", vous pouvez aller y faire un tour tout en bas de cette page.
Il faudra aussi que je mette quelques articles pour vous raconter ce que j'ai fait pendant ce séjour à Resistencia, allez promis je me motive et je vous fais ça....

Hola tod@s!
algun@s me pidieron las fotos que saqué estos ultimos dias, de todas las despedidas, les puse en esta pagina, abajo al fondo fondo. Si quieren también les puedo enviar por mail,
besitos
Pauline

June 06

Iguazu

 
Un petit week end de tourisme il y a quelques semaines aux chutes d'Iguazu, la frontière entre le Brésil et l'Argentine.
Dans une forêt tropicale peuplée de coatis, de perroquets et de touristes étrangers, des cascades gigantesques, plus hautes que celles du Niagara. C'est le fleuve Paraná, l'un des plus importants d'amérique latine qui chute, chute, chute...
Un parcours magnifique, même sous la pluie.
Bon inutile de vous en raconter beaucoup plus, vous pouvez aller jeter un coup d'oeil sur l'album photo, tout en bas!
 
 
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